Le château de Malmaison (Rueil-Malmaison, France)
Afin de parachever les quatre années de travaux qui ont ravivé les toitures, huisseries et façades du château de Malmaison, un dépoussiérage général des intérieurs de la résidence impériale a été entrepris tout début 2026.

Voilà donc quelques semaines à peine que la célèbre résidence de Joséphine de Beauharnais est à nouveau accessible ! Cette réouverture coïncide, pour notre plus grand plaisir, avec la pleine saison des pivoines et le départ du feu d’artifice annuel des rosiers en fleurs. Bien que traversé par la grande et douloureuse Histoire de France, le domaine sut rester jusqu’à la mort de l’impératrice déchue en 1814 une maison intime. Maison nichée au cœur d’un parc, remplis d’espèces rares, où un cèdre (sorte d’arc de triomphe végétal) fut planté en souvenir de la victoire de Marengo.

Construit au XVIIe siècle, le château de Malmaison fut acquis en 1799 par Joséphine et adopté par son Napoléon de mari à son retour d’Égypte. La charmante maison devint alors une sorte de laboratoire des arts décoratifs. Les jeunes époux confièrent son aménagement et sa décoration aux géniaux architectes d’extérieur et d’intérieur Percier et Fontaine. Ils firent ainsi de Malmaison le modèle-étalon du style consulaire.

Élégant, raffiné, plein d’esprit, leur vocabulaire décoratif est toujours maître des lieux. Le visiteur ne pourra que tomber sous le charme de la salle à manger et du billard aux couleurs coordonnées. On se laissera séduire par la salle du conseil qui, imaginée et réalisée en 10 jours par Fontaine, garde à jamais sa folle allure de tente de campagne. Il faudra prendre aussi le temps de détailler les astuces du cabinet de travail : sa cheminée surmontée d’une fenêtre donnant sur le jardin par exemple ou la dissymétrie des retours de la bibliothèque, l’un étant à claire-voie, l’autre obturé par une glace qui cache au visiteur un possible fouillis de documents épars et de dossiers ouverts.

Au premier étage, on prendra le temps d’admirer la restauration de la « Chambre de l’empereur ». Grâce à l’inventaire après décès de Joséphine, croisé avec le talent de nombreux artisans d’art d’aujourd’hui, il a été possible de recréer le décor au plus près de ce qu’il fut. Le gris du fond peint rehausse la mousseline rayée, spécialement retissée pour l’occasion. Drapée à l’antique, retenue par des patères de bronze, elle égaie plus encore – si cela est possible – cette chambre déjà parfaitement lumineuse. Ah, oui, vraiment Malmaison est bien mal nommée tant elle est une belle et bonne maison !

© Photos : Valentine del Moral, Musée national des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau, Wikimédia
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