La maison de poupée de Petronella Oortman, Amsterdam (Rijksmuseum)
C’est au détour de l’exposition « Chez soi au XVIIe siècle », qui a couru au Rijksmuseum d’Amsterdam jusqu’au 11 janvier 2026, que l’on a pu admirer la maison de poupée que Petronella Oortman commanda pour son propre plaisir et, par-dessus les siècles, pour le nôtre ! Mais que les retardataires ne se désolent pas. Non seulement elle restera exposée au musée mais il est désormais possible de visiter en ligne cette maison miniature, pièce par pièce.
Étant la riche veuve d'un marchand de soie néerlandais, Petronella Oortman (1656-1716) faisait partie de ces dames fortunées qui cherchaient à éblouir leurs amis en montrant une version miniature mais idéale de leur foyer. De 1686 à 1710, elle dépensa sans compter pour le décor de sa maison de poupée qu’elle présenta à ses invités lors de soirées choisies. On pouvait y détailler chaque pièce dont quelques-unes dissimulées ainsi qu’un jardin aujourd’hui disparu.
Les proportions du décor, du mobilier et des objets sont impeccables. Les matériaux véritables : outre les porcelaines directement commandées en Chine, les paniers sont en osier, les bouteilles en verre, les sols en marbre, les meubles en bois rares, en laque, le linge en lin, les coussins en velours.
Peintres, ébénistes, menuisiers, céramistes, peintres, vanniers, artistes et artisans mirent leur talent au service de cette demeure lilliputienne avec autant de sérieux que s’il avait été question d’une maison grandeur nature. Les quelques 800 objets imaginés et fabriqués sont conservés sur trois étages enserrés dans un délicat cabinet en placage d’écaille de tortue. La célébrité de la maison de poupée de Petronella Oortman fut telle qu’on demanda au peintre Jacob Appel de l’immortaliser. Ce faisant, il se fit l’ambassadeur d’une architecture d’intérieur qui n’était encore qu’au berceau !
Il est possible « d’entrer » et ainsi visiter chaque pièce de la maison Petronella Oortman sur le site du Rijksmuseum : https://www.rijksmuseum.nl/en/dollshouse
© Courtesy Rijksmuseum - Wikimedia
